Le plagiat de la rentrée

L’année dernière, à la même date, on s’était ému de l’affaire, pas très glorieuse, du « plagiat psychique », invoquée par Camille Laurens. Cette année, c’est plus sérieux, plus troublant : Jean-François Bernardini, l’auteur-compositeur du groupe corse I Muvrini, est assigné pour contrefaçon par une de ses admiratrices, Marie-Paule Pereney, qui semble avoir contribué à un bon nombre de ses chansons et livres, sans que son nom ne soit clairement cité. Par la même occasion, certains lecteurs et journalistes ont remarqué des ressemblances avec des textes de la romancière Sylvie Germain. Je vous renvoie à l’article du Point pour vous faire votre propre idée sur la question. De mon côté, à lire les passages cités, je suis assez inquiète pour le chanteur corse… Mais le procès est ouvert… Affaire à suivre !

Diffamation ou liberté d’expression (et indépendance de la recherche) ?

Dans le procès pour diffamation intenté par Bernard Edelman, auteur du « Sacre de l’auteur », à l’encontre d’Hélène Maurel-Indart, auteur de « Plagiats, les coulisses de l’écriture », le jugement aura lieu le 10 septembre prochain. Rappelons que M. Edelman demande la suppression des pages 105 à 109 de « Plagiats, les coulisses de l’écriture », ouvrage publié dans le cadre de recherches universitaires menées à bien depuis 15 ans sur les notions de plagiat et d’originalité. H. Maurel-Indart avait déjà publié un ouvrage sur ce thème, très remarqué, aux Presses Universitaires de France, en 1999, intitulé « Du Plagiat ». Cette recherche soulève effectivement des questions délicates concernant le système citationnel, l’utilisation des travaux universitaires ou de la documentation dans d’autres types d’ouvrages. Qu’est-ce qui appartient à qui ? S’appuyant sur des analyses comparatives, sur la jurisprudence et la critique littéraire, il s’agit à chaque fois d’examiner la question prudemment et au cas par cas.