« Buzz » autour du dernier Anderson

Le journaliste américain Chris Anderson prône généreusement la gratuité comme modèle économique dans un essai intitulé Free : Entrez dans le monde du gratuit , à paraître en août 2009 (Village mondial). Sa démonstration tient, malgré tous les enjeux liés aux intérêts respectifs des créateurs, diffuseurs et consommateurs. On était donc presque convaincu par cet idéal de partage lorsqu’éclate une polémique très gênante…

Voici un condensé de l’affaire livré par Marie-Claude Ducas dans son blogue :
« Ce qui a d’abord généré du « buzz » autour de Free, c’est le fait que Anderson a repris, à divers endroits, de larges extraits de Wikipedia, sans en citer le crédit. Ouch… C’est le Virginia Quarterly Review qui a attaché le grelot. Les articles qui ont suivi dans les blogues et les médias sont trop nombreux pour être tous cités. Signalons que les articles de The blog heraldet de Fast Company font partie de ceux qui valent le détour. En français, sur le blog de Pierre Assouline dans Le Monde , et sur Silicon.fr, on ne s’est pas ennuyé non plus… Évidemment, on ne s’est pas privé d’ironiser sur le fait que Anderson a peut-être appliqué un peu trop bien son propre raisonnement. Anderson, c’est tout à son honneur, a répondu et fourni des explications, qui ont trait, en gros, aux politiques d’attribution et de notes en bas de page, qui avaient fait l’objet de discussions complexes avec son éditeur, et de changements de dernière minute. Explications que plusieurs, ceci dit, ont jugées un peu faibles… »
Tellement faibles que Anderson, rédacteur en chef du Wired Magazine, n’a pas tardé pour faire ses excuses sur Internet !
Si l’affaire vous intrigue, Marie-Claude Ducas fait dans son blogue de multiples liens vers d’autres sites qui se sont emparés de ce petit scandale éditorial… Car, si les articles de Wikipedia s’offrent gratuitement aux internautes, n’oublions pas qu’ils sont aussi bien protégés par le droit d’auteur que n’importe quel texte imprimé ou en ligne ! Qui dit gratuité, ne dit pas forcément liberté de reproduire, sans demande d’autorisation, sans guillemets, sans référence aux auteurs. Cette affaire aura eu au moins le mérite de rappeler quelques règles élémentaires.

Quand l’Internet plagie le papier

La communauté universitaire s’alarme surtout aujourd’hui des plagiats commis à partir d’Internet pour constituer des mémoires et des dossiers de séminaire, voire des thèses. Le procédé inquiète à juste titre puisqu’il fausse les réelles conditions d’élaboration des travaux universitaires ainsi que leur évaluation. Mais le procédé inverse existe aussi : des sites internet, supposés sérieux et émanant même quelquefois de la communauté universitaire, mettent en ligne, sans aucune autorisation de l’auteur ni signalement explicite, des textes imprimés chez des éditeurs traditionnels. Geneviève Koubi, ainsi que son coauteur G. Guglielmi, en a fait le triste constat pour son ouvrage Droit du service public, publié chez Montchrestien. Elle nous raconte dans son site Internet droit criTIC sa mésaventure et comment elle compte lutter contre ce procédé à la fois nuisible et facile. La reflexion qu’elle mène dans son article sur ce qu’elle nomme « l’inversion plagiaire » contribue à nous informer sur des pratiques dont nous risquons tous finalement d’être victimes. Les dénoncer, les faire connaître au grand public, c’est aussi une manière de dissuasion.