Le plagiat, une « question d’éthique »

Le débat que j’ai eu hier sur le plagiat, avec Monique Canto-Sperber et Marie Darrieussecq, est accessible en podcast sur le site de France Culture. L’émission « Questions d’éthique » a permis de faire le point sur « le plagiat, raisons et déraisons ».

Comment expliquer la multiplication des affaires de plagiat ? Il faut évoquer les raisons économiques et technologiques, certes, mais aussi le désir d’écrire et d’être reconnu à tout prix dans le champ littéraire. Les grands écrivains sont à ce point en quête d’une écriture originale, propre à exprimer leur univers personnel et leur vision du monde que le plagiat leur apparaît comme l’ennemi à vaincre, tant les modèles admirés sont souvent à la source d’une inspiration qui doit relever le défi d’un dépassement des influences et des imitations inévitables.

C’est donc sur une sorte de fil rouge que s’aventure à chaque fois le créateur, à la fois nourri des lectures qui lui ont quelquefois révélé son authentique vocation d’écrivain et, en même temps, avide de dire, de se dire dans des mots qui sont sa chair même, le reflet de sa vie et de ses plus intimes pensées. Entre plagiat et originalité, le processus de création littéraire est périlleux, improbable, et il renvoie immanquablement l’auteur à une quête de soi, qui n’appartient qu’à lui, traduit dans un langage, qui appartient à tous…

« Les règles du savoir-plagier »

Le Magazine littéraire de ce mois de mars consacré à Dostoïevski suit l’actualité du plagiat. Vous pouvez lire en effet un article de quatre pages que j’ai écrit sur le thème de la création littéraire, sur les phénomènes d’influence, de réécriture, servile, ou créative… ! Le mois dernier, Dumas était à l’honneur de ce même magazine, il est encore temps de lire le dossierconsacré à l’un de nos plus célèbres plagiaires qui, sûr de son génie, affirmait : « L’homme de génie ne vole pas, il conquiert… »

Un journaliste très courageux…

Ce doit être le premier article publié et consacré au procès pour diffamation que m’a intenté Bernard Edelman en novembre 2007 pour avoir osé analyser son ouvrage Le sacre de l’auteurdans mon essai Plagiats, les coulisses de l’écriture. La revue Sciences Humaines de ce mois de mars fait le point sur l’affaire et s’inquiète, comme nous-même, des risques qu’encourt la liberté d’expression des enseignants-chercheurs, gage de l’indépendance de la recherche. Puisque chaque mot que j’écris semble désormais soumis au regard inquisiteur, je préfère laisser parler Emmanuel Lemieux dans son article intitulé « Procès autour d’un plagiat »... Je passe le relais à d’autres esprits critiques mais je touche du bois pour qu’ils échappent à un procès… pour diffamation. Esprit, es-tu là ?