Je me sens de moins en moins seule…

Ces questions de déontologie liées au plagiat mettent en cause des comportements tantôt frauduleux, tantôt tendancieux, qui atteignent aussi bien le milieu universitaire que le milieu éditorial, sans qu’il soit toujours possible, sauf à se retrouver devant un tribunal, de faire part publiquement du résultat de ses investigations et enquêtes, même en toute prudence et mesure .

Pourtant, la chape de plomb tend à révéler des failles, comme le montrent nos actualités précédentes. Aujourd’hui, c’est à nouveau un universitaire qui monte au créneau, Sylvain Piron, maître de conférences à l’EHESS. Il se fend d’un article éclairé sur « La question du plagiat », sur le site consacré à l’évaluation de la recherche en SHS (Sciences Humaines et sociales). Il rappelle ainsi que plusieurs affaires ont donné lieu à des décisions ou jugements récents, favorables aux plagiés. Qu’il s’agisse du CNU, de l’université de Liège, du Conseil d’Etat ou du TGI de Paris, des instances universitaires et judiciaires ont décidé de sanctionner les plagiaires.

Une force de dissuasion semble désormais se constituer collectivement, afin que s’affirme une certaine éthique dans les domaines de la recherche et de la création littéraire, au moment même où notre société tend à basculer vers des comportements consuméristes peu propices à la maturation intellectuelle et à un partage du savoir dans la transparence et la reconnaissance du travail de chacun.