Les juristes aussi s’attaquent à la lutte contre le plagiat universitaire

A l’initiative de Gilles J. Guglielmi et de Geneviève Koubi, tous deux membres de l’équipe de recherche le CERSA (centre d’études et de recherches de Sciences administratives et politiques de l’Université Panthéon Assas Paris 2), un séminaire de cinq séances tout au long de l’année universitaire 2010-2011 sera centré sur le plagiat de la recherche. Des informations régulières sur ces rencontres vous seront régulièrement fournies sur le site Drôle d’en-Droit, ce qui nous confirme que les juristes n’ont pas à envier aux littéraires, ni leur humour, ni leur souci de déontologie.

Les rangs se ressèrent donc autour d’une question qu’il va décidément falloir assainir, tant dans ce genre d’affaires, ceux qui découvrent les plagiats en matière de recherche sont quasiment plus mal vus que ceux qui les commettent !!! Ce séminaire va permettre d’allier les forces des juristes, des littéraires et des spécialistes de la communication et du marketing.

L’objectif de cette action est, selon Gilles J. Guglielmi, de « caractériser les éléments de définition du plagiat scientifique ou plagiat des travaux de recherche, à approfondir les moyens de le caractériser et enfin à construire les principes d’une réponse consensuelle qui pourrait y être donnée en fonction des priorités des acteurs. »
Rendez vous le vendredi 12 novembre 2010 de 10h à 13H, 10 rue Thénard, Paris 5e : ce séminaire est ouvert à tous les chercheurs souhaitant s’y informer, y témoigner ou s’y consacrer. La première séance sera consacrée à la réponse des institutions académiques face à des affaires de plagiat de thèses ou de mémoires. Des acteurs et responsables des différentes institutions seront présents.


Vous avez dit collage ?

Evidemment, il en fallait un en cette rentrée littéraire, le plagiaire de service, et c’est Michel Houellebecq qui sert de cible à une nouvelle accusation de plagiat. Son dernier roman, La Carte et le territoire, a fait, avant même sa sortie en librairie, l’objet d’une attention et d’une convoitise étonnamment fébrile. L’affaire est sortie sur le net, sous la plume virtuelle mais pas moins redoutable de Vincent Glad, journaliste à Slate.fr. L’article intitulé « Houellebecq, la possibilité d’un plagiat » indique scrupuleusement les extraits du roman et ceux du site Wikipedia, du ministère de l’Intérieur et d’un Guide de Châteaux et Hôtels concernés : cinq passages franchement insipides consacrés au pedigree de Frédéric Nihous, président de Chasse, pêche, nature et traditions, à la description de la mouche domestique, de la ville de Beauvais, du métier de commissaire de police et de l’Hôtel Particulier à Arles…

Autant dire que si la lecture de tels passages au fil du roman est plutôt ennuyeuse, la révélation qui nous est faite d’un plagiat est vraiment rassurante : ah ! ce n’est pas du Houellebecq ! Quel soulagement d’apprendre que ce matériau totalement sec n’est que pièce rapportée, petit amusement entre amis internautes, collage à la manière cubiste, privilégiant le bout de papier journal bizarrement accolé à une étiquette dans une savante et somptueuse composition de Braque… Vous me direz qu’il fut une époque où les clins d’oeil entre écrivains et lecteurs se faisaient via des citations cachées de l’Enéide ou de Flaubert. Les Oulipiens, si souvent invoqués pour justifier de bas larcins, savaient y faire et ils s’y connaissaient en matière de réécriture inventive et récréative !

Pourvu que personne en tout cas n’ait l’idée d’encombrer les tribunaux avec cette fausse drôle histoire de plagiat… Car, rappelons-le : pour qu’il y ait contrefaçon, il faut au moins que le texte recopié soit original pour mériter une quelconque protection…