La Croix et Mediapart soutiennent la lutte pour une meilleure déontologie en matière de recherche

Deux récentes affaires de plagiat de thèse ont suffisamment inquiété certains universitaires, soucieux de la crédibilité de nos diplômes, pour que la presse se fasse écho d’un phénomène qui doit cesser d’être tabou. Le 26 septembre dernier, Nicolas César, journaliste au journal La Croix, a relancé le sujet d’actualité en pleine rentrée universitaire : « Des professeurs brisent le tabou du plagiat à l’université ». Il montre tout d’abord l’ampleur du problème, puisque des sites internet payants mettent désormais à la disposition des étudiants des devoirs, des mémoires et même des thèses prêts à l’emploi. Mais il insiste aussi sur la difficulté pour les universités de s’attaquer au fléau, sans pour autant créer le trouble au sein de l’institution, soucieuse de préserver son image.
Geneviève Koubi, professeur de droit public à l’Université de Nanterre, dans un article « Citer les sources : oubli, plagiat et auto plagiat », rappelle en effet les exigences de l’Université concernant la délivrance des thèses de doctorat : aux termes de l’alinéa 3 de l’article L. 612-7 du Code de l’éducation, « le diplôme de doctorat est délivré après la soutenance d’une thèse ou la présentation d’un ensemble de travaux scientifiques originaux. » Et de préciser : Copier-coller et plagiat sont, pour l’instant, des fautes qui, dans les espaces judiciaires, restent assimilées à la fraude ou à la contrefaçon. Dans les sphères universitaires, outre les sanctions qui pourraient être décidées par les tribunaux, en matière pénale, commerciale ou civile, ces comportements, inadmissibles, sont sanctionnés, en matière disciplinaire, par exemple par l’exclusion temporaire ou définitive de tout établissement d’enseignement supérieur ou par une disqualification qui ferme l’accès à un emploi d’enseignant-chercheur. » Autant dire que la société civile et l’institution disposent d’un systéme de sanctions apparemment efficaces pour lutter contre le plagiat. Pour preuve, deux plagiats de thèses ont fait récemment l’objet de condamnations : un plagiaire de l’Université de Picardie a vu sa thèse annulée par le conseil de discipline de son université en mai 2009 ; un autre, de l’Université de Liège, a été condamné en mars 2010 par le TGI de Paris pour contrefaçon.
Louise Fessard, explique ces deux affaires, sur le site Mediapart, dans son article du lundi 4 octobre, « Le plagiat de thèse reste un tabou à l’université ». Par ce titre, elle entend bien nous signifier que ces deux affaires, qui montrent que les systèmes de sanction judiciaire et universitaire peuvent fonctionner, sont peut-être l’arbre qui cache la fôrêt… Pour deux plagiats sanctionnés, combien encore sont étouffés ? Mais la communauté universitaire est de plus en plus consciente que sa crédibilté se renforcera en fonction de sa capacité à sensibiliser, par la prévention, aussi bien que par la sanction, ses acteurs, étudiants et chercheurs, à une déontologie en matière de recherche.