Humour d’un prétendu plagiaire

Souvenir de lecture : Georges-Armand MASSON, journaliste au Canard enchaîné, publia en 1924 un drôle de livre intitulé Georges Armand Masson ou Le parfait plagiaire, une fausse confession de l’auteur facétieux qui commence par une « Préface en Forme d’Histoire » où il raconte comment, pour faire plaisir à son amie Criquette, il se laisse convaincre par son entourage – les ustensiles de cuisine – de plagier pour écrire un livre rapidement, qui le rendra riche.

L’idée lui est suggérée par « les Ciseaux », prompts à déculpabiliser l’auteur scrupuleux : « Eh ! parbleu, le plagiat. Ne prends pas cet air éberlué. Tu crois encore à l’immoralité du plagiat ? » (p. 18).  … « C’est ainsi que je devins plagiaire et composai ce petit livre. »

S’ensuit une série de pastiches qui constituent ce prétendu plagiat. Dans l’un d’entre eux, intitulé « L’idéal » par Maurice Rostand (poète, romancier et dramaturge, fils d’Edmond), Oxo, prince et poète, apprend qu’il est en réalité le fils d’un épicier, Bornibus. Et de condamner ce monde du faux et de l’imposture où on l’a tenu depuis son enfance :

« Oui, s’évader d’un monde où tout est faux…
Ce qu’on vend pour du thon, c’est du requin-marteau…
On imite, on plagie, on contrefait, on triche
Et la pistache même a le goût de pastiche.
La cocose… Ah ! c’est la grande chose, en effet,
Dieu sait de quoi le beurre demain sera fait.
Il n’est pas jusqu’au salsifis qu’on salsifie…
Moi-même…
MAGGIE : Toi ?
OXO : Oui, moi, je mens, je mystifie,
Dans mes vers frauduleux je ne mets pas le poids. » (P.147-148).Masson-Georges-Armand-Georges-Armand-Masson-Ou-Le-Parfait-Plagiaire-Pastiches-De-Maeterlinck-Mme-De-Noailles-P-Morand-Livre-ancien-874468805_ML

Voilà un morceau du plus mauvais goût que pourrait bien reprendre à son compte un plagiaire pour avouer son forfait tout en amusant la galerie… A ajouter à notre inventaire du système de défense du plagiaire (voir la troisième partie de la Petite enquête sur le plagiaire sans scrupule).