La lutte contre le plagiat universitaire est-elle vaine ?

Non ! bien sûr… la preuve : cette décision du CNU dont nous vous avons fait part dans la dernière actualité. Cependant, les institutions universitaires européennes sont loin d’avoir pris les mesures nécessaires pour freiner une tendance à la hausse, aussi bien chez les étudiants que chez les chercheurs. Rares, en effet, sont les universités qui sanctionnent ce genre de pratiques ; rares aussi celles qui se dotent d’un logiciel de détection de plagiat. C’est pour réagir à cette défaillance que Michelle Bergadaa, Professeur de communication et marketing à l’Université de Genève, vient de publier « Une situation saugrenue » dans Culture & Société – Sciences de l’Homme, n° 9, janvier 2009, pp. 29-33. En voici un extrait qui insiste sur les enjeux de ce combat :

« Aujourd’hui, on ne dit plus que j’exagère le phénomène et personne ne m’écrit plus que je nuis à l’image de notre communauté en parlant de ce sujet qui fâche. Mais, si tous admettent la gravité de cette crise de la connaissance, rien ou presque ne bouge. Pourquoi ? Je pencherais pour un manque d’énergie qui se manifeste d’abord dans la paresse des enseignants à remettre en question leur métier en mutation. Tous savent que l’avènement d’internet modifie aussi fondamentalement la manière de s’approprier la connaissance, de la créer et de la diffuser que l’avait fait en son temps l’invention de l’imprimerie. Tous reconnaissent que les étudiants d’aujourd’hui bâtissent leurs mémoires et leurs thèses selon la technique du jeu de Lego dont les briques sont des éléments saisis sur la toile, puis personnalisés. Mais, à l’heure où Wikipédia est la source immédiate de référence de nos étudiants, combien d’entre nous ont seulement vérifié la fiabilité de définition des concepts qui constituent la trame de notre enseignement ? »

Comme vous le voyez, Michelle Bergadaa ne pratique pas la langue de bois ! C’est la raison pour laquelleje vous invite à lire son texte en entier et je ne manque pas une occasion de signaler ses actions… Nous sommes peu finalement à oser aborder ces questions de déontologie.