Quand les chercheurs réclament leur dû…

Alain Vircondelet a consacré en 1984 sa thèse à Séraphine Louis, l’artiste peintre de Senlis qui a fait le grand succès du film de Martin Provost, Séraphine, couronné du César du meilleur film en 2009. Le chercheur a aussi publié la biographie de Séraphine de Senlis chez Albin Michel en 1986. L’auteur et l’éditeur assignent donc le producteur et le scénariste devant le TGI de Paris pour contrefaçon. 600 000 € de dommages-intérêts sont en jeu…

Toute la difficulté, pour convaincre les juges, sera de montrer que les éléments de la biographie, communs à ceux du film, sont originaux et ne relèvent pas du factuel ou de travaux antérieurs… Il faudra démontrer qu’une interprétation et une vision propres au chercheur, relatives à la vie de Séraphine et à son art, ont été abusivement reprises par le scénariste.

La question s’est souvent posée pour des biographies, celle de Henri Troyat sur Juliette Drouet par exemple, qui lui avait valu une condamnation pour contrefaçon. Voir sur ces questions d’emprunts à des ouvrages de documentation le chapitre 2 de mon essai Du plagiat, page 39 et suivantes sur « un domaine sensible : le travail de documentation ».