La sociologie en eaux troubles

Cette affaire, rapportée par Pierre Dubois dans son blog « Histoires d’universités » est celle d’un « copier-coller sans guillemets » qui jette le trouble parmi les sociologues. Il y a de quoi : un lecteur, qui souhaite prudemment garder l’anonymat, a relevé dans un ouvrage d’un professeur de sociologie de l’université de Rennes 2, consacré au sociologue Edgar Morin, d’étranges et multiples coïncidences avec un ouvrage… d’Edgar Morin. La fascination pour le maître semble être allée au-delà de la déontologie en matière d’édition universitaire. On pourra suivre l’évolution des événements dans ce blog qui reflète la vie universitaire dans toutes ses splendeurs. Si vous avez autant de patience que de curiosité, vous pourrez lire les réactions de l’intéressé, auteur du copier-coller, mais aussi de son directeur de collection, et de quelques collègues du sérail sociologique. A quand celle d’Edgar Morin, qui doit sourire d’un hommage bien servile ?

Quant à vous, qui avez, bien entendu, une haute idée du travail de recherche et des exigences éditoriales, vous pouvez utilement contribuer à une réflexion collective sur les bonnes conduites à adopter lorsqu’on écrit et publie un texte. Michelle Bergadaa pose cinq questions qui feront ensuite l’objet d’une analyse : la première porte sur la pratique du copier-coller, la deuxième sur le fait qu’Edgar Morin aurait autorisé l’auteur à le recopier sans citer, la troisième sur l’impact de telles pratiques sur les étudiants dudit professeur d’université, la quatrième sur la réaction de l’éditeur et sa responsabilité éventuelle, enfin, la dernière sur l’évaluation des carrières par la qualitié des publications. Ces questions sont lourdes d’enjeux et il sera intéressant de voir selon quels critères les étudiants, les enseignants-chercheurs et les lecteurs apprécient la qualité des ouvrages publiés et de leurs auteurs. Imaginez une réponse du genre :  » je prends mon bien où je le trouve »…