Ma conviction

Une déontologie s’impose dans le domaine de la création littéraire aussi bien que dans celui de la recherche universitaire, plus encore marquée par la nécessité de jouer la transparence des sources. Tout travail d’écriture, en effet, s’ancre nécessairement dans les œuvres des prédécesseurs. Peut-on imaginer qu’une biographie de personnage célèbre ou qu’un essai historique fasse l’impasse sur les découvertes et les analyses antérieures ? Ce serait priver le lecteur de tout l’apport des recherches précédentes et revenir indéfiniment à une sorte de table rase, à une ignorance des différentes strates de l’édifice humain des connaissances. La créativité et l’innovation attendues du chercheur, autant que de l’écrivain, prospèrent sur des terres fertiles, déjà ensemencées.

Il est donc de l’intérêt de la communauté universitaire, et même de la société civile, de mettre en valeur le patrimoine scientifique et littéraire en précisant les sources et la nature des emprunts. La dynamique collective où chacun sait rendre hommage à l’autre favorise le partage des connaissances et la reconnaissance de la contribution individuelle. La dimension personnelle d’un ouvrage s’évalue en effet à la capacité d’assimiler dans les œuvres du passé ce qui permet d’élaborer dans les œuvres à venir de nouvelles créations. A partir d’un matériau déjà disponible, l’auteur procède à des analyses inédites, qui répondent à une démarche et à une vision personnelles susceptibles d’éclairer sous un jour différent les données antérieures. A ceux qui qualifient de flicage ce qui relève d’un simple appel au respect d’une déontologie en matière de recherche et de création.