Travaux de séminaire

Le séminaire de Master 2e année que j’ai mis en place à l’Université François-Rabelais de Tours a progressivement sensibilisé les étudiants aux questions d’emprunt et d’originalité en littérature, aux phénomènes d’intertextualité et de réécriture. Le groupe du séminaire a donc décidé depuis cette année 2009 de mettre en ligne certains travaux d’étudiants d’une qualité littéraire et scientifique tout à fait honorable. La diffusion électronique de ces travaux a un double but. Il s’agit, d’une part, de valoriser le réel effort de recherche consenti par les étudiants et de leur donner ainsi une première expérience éditoriale. D’autre part, nous sommes soucieux d’apporter aux internautes une mine d’informations sur ces thèmes du plagiat, de l’originalité et de la réécriture qu’ils viennent dans ce site même chercher à mieux comprendre. Nous imaginons que cette initiative pourra un jour aboutir à la création d’une sorte de bibliothèque de travaux inédits qui reprennent des pistes de recherche un peu oubliées ou qui en ouvrent de nouvelles. Le propre du séminaire est, rappelons-le, de semer de petites graines susceptibles de devenir de grands projets…

Chaque étudiant remplit, avant la mise en ligne de son texte, une autorisation de publication électronique où il s’engage lui-même à ne commettre aucun acte de plagiat ou de contrefaçon… Chaque internaute est censé connaître la loi selon laquelle la publication électronique bénéficie de la même protection juridique que la publication papier. Ces textes sont donc protégés par le droit d’auteur tel qu’il est défini dans le code de la propriété intellectuelle (pour mémoire…).

Précisons, avant de vous inviter à consulter ces travaux, que le séminaire séminaire permet de suivre le rapport de l’auteur à son œuvre depuis la naissance de la notion d’auteur au sens juridique du terme, au XVIIIe siècle, jusqu’à la mise au jour, au XXe siècle, des phénomènes d’intertextualité. Les questions de plagiat et d’originalité éclairent le processus de la création littéraire envisagé comme imitation créatrice. Elles reviennent à considérer l’écrivain comme génie ou bien comme simple artisan bricoleur. Selon les époques, en effet, l’écrivain a fait l’objet d’une sacralisation ou au contraire d’une mise à mort. Dans le cadre général d’une recherche sur la notion d’originalité en littérature, il serait nécessaire d’étudier et de confronter des textes dont l’analyse mettrait en évidence les différents types d’emprunts explicites ou implicites, volontaires ou inconscients, à d’autres textes. La tradition de l’imitation, la vision prométhéenne de l’œuvre unique et originale, la notion d’intertextualité et toutes les formes de stratégie de réécriture donnent un sens bien différent, selon les époques, les genres, les auteurs, les pays, à la présence, plus ou moins facile à identifier, d’un texte dans un autre texte. Genette a donné des outils intéressants pour classifier au mieux les différents types d’emprunts textuels. Il faudrait, à partir d’un échantillon d’études précises mais touchant des genres et des époques diversifiées, essayer de dégager des tendances, convergentes ou divergentes, du phénomène d’intertextualité.

Le but ultime est de parvenir à mieux définir l’auteur comme une notion à géométrie variable, intrinsèquement liée à la genèse de l’œuvre conçue comme une création purement originale ou comme le résultat d’un processus de réécriture.

 

A consulter :

Jérémy PICHON, Le Moine d’Antonin Artaud, une copie esthétique, Tours, 2009.

Elodie TRUDELLE et Rafika HAMMOUDI, Vian, un écrivain aux multiples visages, Tours, 2009.