La littérature pour les juristes

Le mercredi 6 décembre 2017 à 17 heures, au Cercle André Tiraqueau de la Faculté de droit de Poitiers, je vous propose une conférence sur l’originalité de l’oeuvre littéraire, question qui taraude autant les littéraires que les juristes. Les critères d’évaluation de l’originalité se heurtent à la subjectivité du juge, c’est bien ce que confirme une jurisprudence fluctuante en matière de contrefaçon. Les outils de la critique littéraire peuvent-ils être mis au service de l’analyse juridique ? On dira, on discutera.

 Rendons-nous au 43, place Charles-de-Gaule, amphithéâtre Rousseau.

Le Démon de la catégorie

Clin d’oeil à un autre titre d’ouvrage consacré à la théorie littéraire, Le Démon de la catégorie (éditions mare & martin, 2017) fait un retour critique sur « la qualification du droit en littérature ». A la croisée du littéraire et du juridique, cet ouvrage collectif dirigé par Anna Arzoumanov, Arnaud Latil et Judith Sarfati Lanter convoque une pluralité de voix pour harmoniser, dans toutes leurs nuances, les pratiques et la terminologie en matière de propriété littéraire, contrefaçon et droit d’auteur, mais aussi de censure.

La qualification des faits est déjà une manière de les apprécier dans leur essence en fonction d’un contexte, d’un usage ou d’une règle existante. Plus largement, la qualification juridique est intrinsèquement liée à un système dont la cohérence est quelquefois discutable. Effectivement, ce système qui forme l’appareil juridique est non seulement le résultat d’une certaine philosophie du droit mais aussi d’une multitude de cas particuliers qui font la réalité de la vie, et ici en particulier, de la vie littéraire : « L’ensemble des contributions présentées contribuent à nourrir ces réflexions avec cette ‘énergie positive’ qui caractérise, selon Goethe, le démoniaque. » (p. 19)