Veille juridique : un article sur le parasitisme artistique

La protection des œuvres de l’esprit connaît des limites imposées en particulier par la notion de fonds commun mais aussi par le simple fait que les idées sont de libre parcours. Les idées, et encore les faits, faits biographiques ou historiques. Il s’agit en effet de ne pas entraver la création en protégeant excessivement le matériau utile à l’écriture d’ouvrages historiques, de biographies ou de fictions ancrées dans l’histoire.

Mais le risque inverse est que les travaux de mise au jour de données brutes (déchiffrages de lettres, décryptage d’une langue, inventaire des registres) qui peuvent exiger des années de  recherche, ainsi que l’invention de concepts ou l’élaboration d’une théorie, ne soient nullement protégés et puissent être réutilisés en toute liberté par un successeur.

François HERPE consacre donc un article sur « La notion de parasitisme artistique : une arme contre les contrefacteurs astucieux ».  Il rappelle que « La notion de parasitisme artistique peut, quand les circonstances s’y prêtent, se révéler une arme efficace pour suppléer les limites du droit d’auteur et troubler alors la regrettable quiétude des parfaits plagiaires. » Son analyse se fonde sur un arrêt récent de la cour d’appel de Paris qui vient renforcer une jurisprudence déjà bien établie en la matière. Je vous renvoie donc à son site pour mieux comprendre cette notion de parasitisme qui peut utilement compléter celle de contrefaçon.

Portrait robot de plagiaire

Dans Petite enquête sur le plagiaire sans scrupule, publié en janvier aux Editions Léo Scheer, je fais le portrait robot de plusieurs types de plagiaires. Le Grand Rabbin trouve parfaitement sa place dans cette galerie de portraits. Alors, plagiaire frustré, narcissique, hédoniste, psychotique, autistique  (p. 13 à 19) ?Couverture-enquete

Et dans la catégorie  de la « citation déguisée » (p. 83-84), aucun doute : le grand rabbin pratique la citation posthume. Celle-ci « consiste à attribuer une citation à un auteur mort plutôt qu’au vrai plagié, vivant, afin de ne pas l’alerter sur un recopiage abusif en exhibant son nom ». Certes, dans le cas présent, Jean-Marie Domenach est aussi mort que le rabbi Lelov prétendument cité, mais depuis 1997 seulement, trop récemment pour ne pas laisser des traces fraîches dans les mémoires de ses lecteurs. Il y a une hiérarchie parmi les morts et les plus anciens sont les plus susceptibles d’être convoqués dans les citations posthumes.

A titre de curiosité, ma typologie de la citation déguisée comprend aussi la citation « composite », la citation « cachée », et encore « coulée », et enfin « écran ». Se reporter à l’ouvrage pour le détail du descriptif.

Finalement, rien de nouveau sous le soleil… Les techniques sont bien rodées.

La petite enquête chroniquée

Quelle jolie surprise ce matin au réveil : la voix familière de Philippe Meyer qui fait les honneurs de la Petite enquête sur le plagiaire sans scrupule dans sa chronique des Matins de France Culture :  » Le crime ne paie pas, ou alors pas beaucoup… ou alors pas longtemps ». Avec son humour facétieux, le bien connu chroniqueur résume le sort du plagiaire comme une « lutte du pot de terre contre le pot de fer, éventuellement allié avec le pot de vin ». Donc, à écouter en entier en podcast… cette belle pointe sèche.

Les Rendez-vous littéraires

Mardi 26 mars approche. Je vous attends donc à 19H15 à la galerie l’Entrepôt (7 – 9 rue Francis de Pressensé, Paris, 14e) pour cette rencontre autour des questions de création littéraire : influences, réécritures et droit d’auteur.26 mars 19H15 avec Hélène Maurel-Indart

 

A bientôt, j’espère pour une discussion animée par Ariane Charton et Lauren Malka et accompagnée de lectures des comédiens Lisbeth Wagner et Christian Macairet.

Lire ou ne pas lire, telle…

Un petit jeu lancé par le Salon littéraire : « Dix bonnes raisons de ne pas lire »… Je me suis donc prêtée à cet exercice avec ma Petite enquête sur le plagiaire sans scrupule publiée aux Ed. Léo Scheer. Voici les trois premières raisons :

1 : si vous lisez ce livre, vous serez tentés de devenir un parfait plagiaire capable de fabriquer rapidement un livre sans en avoir écrit grand chose. Effectivement, en faisant le portrait-robot du plagiaire, j’en dévoile toutes les ruses et les manœuvres. Or, ce que je voulais en écrivant ce livre, c’était justement de tourner en ridicule cette grossière pratique du plagiat et d’alerter sur les risques encourus…
2 : vous serez effrayés par le cynisme de certains écrivains.
3 : vous rirez alors que le sujet est trop grave pour en sourire.

Et pour les autres : un petit tour directement sur le Salon littéraire, où vous découvrirez d’autres réactions de lecture, quelquefois audacieuses.