La tentación para cometer plagio es muy fuerte

Un écho, en Argentine, de Sobre el plagio : Martín De Ambrosio publie un entretien dans LA NACION le 19 février 2015.

« Puede sonar raro como tema de investigación al que consagrarse casi completamente, pero la doctora en Letras y profesora de literatura francesa del siglo XX Hélène Maurel-Indart (Versailles, 1961) le dedicó a la copia de obras ajenas tesis, libros y hasta un sitio web (http://www.leplagiat.net). Su trabajo está dedicado a analizar los procesos de la creación literaria y hace foco en los conceptos de originalidad y plagio, tanto como en las nociones de autor y de obra. Una de sus obras, Sobre el plagio (2014), fue traducida al español y publicada por el Fondo de Cultura Económica recientemente. »

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Déboulonner les statues

Le nouveau numéro de la revue Médium, n° 42, est consacré à L’écrivain national. Sont convoqués, entre autres, Victor Hugo, Racine, Cyrano et… Molière.medium-42-sommaire

Impossible de manquer l’occasion de se demander pourquoi celui-là fait toujours l’objet de tentatives de déboulonnage, au profit d’un autre grand écrivain national, Corneille, auquel d’aucuns aimeraient attribuer une partie de son oeuvre. A lire donc l’article que je lui consacre. Quleques premières lignes :

« Les grandes oeuvres exposent leurs auteurs aux basses oeuvres de la décapitation. Et si l’on démontait les démonteurs de statues ?
Quand l’usage n’est plus de glorifier les statues, mais plutôt de les déboulonner, pour ériger l’individualité en norme absolue, contre la Norme, contre le modèle, l’exemplarité, on s’attaque au Grand Écrivain National. Fi de la nation et des porte-drapeaux, Je suis à moi-même la mesure de toute chose. Pas un hasard si Molière tremble sur son socle républicain en pleine crise identitaire, à tous les niveaux : planétaire – mondialisation, globalisation, délocalisation –, nationale – la « crise » –, individuelle – mariage à géométrie variable, GPA, facebookisation. S’il fallait en abattre un, c’était bien lui, le génie national, qui en impose avec sa « langue de Molière », incarnant non seulement les Belles-Lettres mais la langue, authentiquement française. »

Et tous les résumés du numéro 42 !

Le plagiat : une forme de suicide à la française

A visionner : la vidéo du journaliste Jean Robin qui explore une variante de la « déconstruction française ».

« Où l’on voit toute la culture d’un pays (…) mise au service de sa propre destruction », E. Zemmour dixit : on ne saurait mieux dire. Jean Robin avait monté un dossier complet sur le cas de Thierry Ardisson et il annonce son projet d’identifier des emprunts aussi massifs dans le cas de Suicide français. Pour l’instant, parmi les sources non signalées de Zemmour, David Cascaro, parle plutôt de manquement à la déontologie que de plagiat. A suivre donc…

Propriété intellectuelle : Quatrièmes rencontres lorraines

Ce ne sera pas un ebony porn débat hors sol : vue la dernière actualité, toute récente, sur le plagiat, le colloque du 8 décembre à Nancy est attendu. Sébastien Evrard et Jean-Luc Piotraut en sont les organisateurs. On y fera le point sur « Les mutations de l’édition du droit et de l’économie », avec des interventions sur le scandale des thèses de droit plagiées en Allemagne, sur le modèle économique de l’édition et les nouveaux enjeux liés au numérique, sur l’adaptation du contrat d’édition au numérique. Et bien d’autres sujets cruciaux… Voir le programme sur le site de l’Université de Lorraine.

J’interviendrai moi-même sur « La culture numérisée : un progrès qui a son prix ». Petite mise en bouche :

« Le principe de l’accès du plus grand nombre à la culture, au savoir, ne peut que faire l’unanimité. L’élévation du niveau d’instruction de l’ensemble des citoyens, favorisée par la numérisation de l’information et par sa mise en ligne sur le net, à prix réduit ou nul, ne peut que soulever l’enthousiasme au nom d’une démocratisation des connaissances, mais aussi du divertissement. Le téléchargement d’un film, la consultation libre d’une encyclopédie en ligne, la lecture sur écran d’un livre, le visionnage gratuit ou, à tarif réduit, d’un spectacle, d’un opéra ou d’un concert sur un site Internet, sont devenus des pratiques courantes qui défient les modèles économiques traditionnels, en supprimant, totalement ou en partie, les barrières de contrôle que sont l’éditeur ou le producteur, intéressés à une diffusion réglementée et payante et, par là même, intermédiaires entre le créateur et son public de récepteurs.

Le contournement des intermédiaires a presque toujours la faveur du consommateur qui considère prioritairement la réduction du coût du produit, quelle qu’en soit sa nature. De ce point de vue, la proportion du gain réservé à l’auteur, dans la répartition du produit de la vente d’un livre, paraît excessivement dérisoire. 10 % en moyenne, alors même qu’il est la source et la condition sine qua non de toute la chaîne du livre. Or, sans créateur, point de métiers de la fabrication du livre, point d’éditeur, de diffuseur, de distributeur, point de libraire. D’aucuns penseraient même un peu grossièrement que toute cette industrie quelquefois lucrative se fait « sur le dos » du créateur, maillon premier d’une chaîne oublieuse et ingrate.

Le numérique – avec les nouveaux moyens de diffusion qu’il permet – est une révolution au sens propre, puisqu’il entraîne un changement de perspective, un repositionnement du créateur dans son rapport au récepteur de son œuvre, a priori plus en contact avec son public. Cependant, les changements opérés sont d’une complexité plus grande qu’on ne l’imaginerait spontanément et il n’est pas dit que l’auteur soit le bénéficiaire d’un tel bouleversement, ni même, à long terme, le consommateur de produits culturels. »

Au 8 décembre, à l’Université de Lorraine, Faculté de Droit, Sciences Economiques et Gestion de Nancy, 13 place Carnot, Amphi AR06 au RDC.

Signal d’alerte pour la rentrée universitaire

Contrefaçon d’une thèse et de travaux critiques sur le poète Armand Robin

Par un jugement du 14 mars 2014, le tribunal de grande instance de Paris a donné raison à Françoise Morvan, écrivain et traductrice, auteur d’une thèse de doctorat d’État sur Armand Robin soutenue en 1989 à l’Université de Rennes, mais aussi de nombreuses éditions de textes d’Armand Robin par elle retrouvés et publiés, ainsi Ecrits oubliés I, Essais critiques publiés aux éditions Ubacs en 1986, Poésie sans passeport, La fausse parole, Fragments

Dans une biographie consacrée à Armand Robin et publiée en 2008 aux éditions Aden, une universitaire reprend un grand nombre d’expressions identiques et un choix de renseignements tels qu’ils ont été sélectionnés par Françoise Morvan. Le jugement présente onze exemples les plus typiques présentant les mêmes choix de citations, le même agencement d’idées, la reproduction d’une analyse et d’une découverte de l’auteur de la thèse, sans la citer. Les juges précisent que dans tel passage « les différences apparaissent négligeables » et ils concluent que « les similitudes énumérées ne résultent pas simplement de ce que le sujet traité est le même ».

En revanche, même si la biographe plagiaire « s’est approprié les fruits [du travail de Françoise Morvan] », les juges n’ont pas retenu les actes de concurrence déloyale et de parasitisme car « l’action en concurrence déloyale et parasitisme doit reposer sur des agissements distincts de ceux qui ont été retenus pour établir la contrefaçon ». Or, « les faits invoqués au titre du “pillage” du travail de Madame Françoise Morvan, c’est-à-dire la reprise du résultat de ses recherches recouvrent en réalité essentiellement des faits de contrefaçon déjà admis ».

Voilà donc un jugement précis, qui démontre clairement par le raisonnement et les exemples, sous quelles conditions un travail de recherche (qu’il s’agisse d’une thèse ou d’un travail critique) peut être protégé au titre du droit d’auteur.

L’universitaire condamnée en première instance a fait appel du jugement.