Du plagiat, en Amérique latine

Du plagiat, publié aux Editions Gallimard en 2011 vient de paraître, traduit en espagnol, aux Editions Fondo de Cultura Economica, en Argentine.

Portada de Sobre el plagio

SOBRE EL PLAGIO

Hélène Maurel-Indart

El plagio se encuentra en el centro de todos los debates. Es una cuestión cargada de desafíos no solo estéticos, sino también jurídicos y económicos. Cuando, en el siglo XVI, Montaigne podía citar a Séneca sin comillas, sabía que se dirigía a una misma comunidad de lectores, formados en la misma cultura humanista y poseedores de las mismas referencias textuales. Para Montaigne, tales referencias a los antiguos, fueran o no explícitas, no resultaban ajenas a sus lectores, con quienes compartía los mismos conocimientos y el placer de una complicidad inteligente entre hombres de letras.
La actual explosión de las áreas del conocimiento en un sinfín de especialidades hace imposible compartir un saber estable y común. Hay quienes se sienten muy tentados de beber del amplio campo de las publicaciones, de infinita riqueza, puesto que las herramientas de lectura y de escritura han evolucionado hacia una mayor fluidez del texto a través de las funciones de « copiar » y « pegar », la descarga y la puesta en línea. El gran sueño de un compartir libre, que respete la contribución de cada quien en el seno de la colectividad, se desmorona demasiado a menudo en provecho del interés particular.
El plagio no se reduce únicamente a un asunto literario, sino que se trata asimismo de una cuestión social, cuyos resortes son económicos y técnicos. En Sobre el plagio Hélène Maurel-Indart ofrece todos los puntos de referencia necesarios para un enfoque a la vez literario y estético, pero también jurídico, de las prácticas de escritura.Traducción: Laura Fólica

Colección: Lengua y estudios literarios

 

ISBN: 9789877190144

Formato: 14 x 21 cm., 446 pp.

Primera edición: 2014

Última edición: 2014

Le nouveau grand rabbin de France pas si nouveau

Lors de l’affaire de plagiat et d’usurpation du titre d’agrégé de philosophie qui avait touché en avril 2013 le grand rabbin de France, notre article du Monde « Les nouveaux faussaires  » se terminait volontairement sur une note un peu légère, une chanson à peine parodiée de Brassens. Car les enjeux étaient terriblement lourds et l’homme fautif, blessé au plus profond de lui-même par ses propres égarements.

Mais quelle chanson tiendrait dans ce nouveau contexte où, dans un article intitulé « Le nouveau grand rabbin de France adepte du copier-coller », un journaliste de Médiapart juxtapose des pages, des paragraphes entiers d’ouvrages du nouvel élu Haïm Korsia, si semblables à des écrits d’autres auteurs. La démonstration s’appuie sur un travail comparatif impressionnant.

Le plagiat est-il banalisé au point qu’il figure comme une pratique usuelle, quasi légitime, faisant du livre un objet de promotion dont seul le renouvellement de l’emballage justifie la publication ?

 

Que sont les littéraires devenus ?

Les universitaires sont les mieux placés pour donner l’exemple  - c’est leur mission de service public après tout – , pour prôner les valeurs humanistes, promouvoir le savoir, favoriser le progrès des connaissances. Mais telle est la nature humaine : on trouve aussi parmi eux des maraudeurs, des contrefacteurs, bref, des auteurs de plagiats, pas subtils du tout même, bruts de décoffrage.

Pas les littéraires, quand même, les accrocs du chef d’oeuvre, les spécialistes ès style, les sondeurs d’originalité ! las…

Deux chercheurs en littérature, de deux universités différentes, viennent d’être condamnés pour contrefaçon. L’une pour sa biographie sur le poète Armand Robin publiée aux Editions Aden ; elle fait appel. On attend donc dans quelques mois le dénouement.

L’autre, pour un ouvrage publié aux Presses Universitaires de France, intitulé Littératures du Moyen Age. Là, l’affaire est réglée : sa collègue plagiée de l’Université de Bordeaux a obtenu gain de cause, aussi bien en première instance qu’en appel. La cour d’appel de Bordeaux a confirmé sa décision dans un arrêt de 10 juin dernier : des « membres de phrases identiques s’intègrent dans les mêmes démonstrations et sont parfois illustrés des mêmes références », et « une telle similitude renouvelée ne peut résulter exclusivement du caractère courant du vocabulaire employé ou d’un champ lexical incontournable mais implique une reprise volontaire par Madame… ». Quant à l’oeuvre de la plagiée, deux fascicules de 98 et 57 pages chacun, mis en ligne par l’université de Bordeaux à destination des étudiants inscrits au Service de la Formation à Distance, les juges ont bien reconnu son originalité : « une étude personnelle approfondie, créatrice d’oeuvre ». Hommage à l’auteur…

Voilà un signal d’alarme fort pour les universitaires. Un rappel, en fait, mais bien utile : les cours, pour peu qu’ils portent l’empreinte de la personnalité de l’enseignant, sont protégés au titre du droit d’auteur.

Le colloque de l’université Paris 8 : le fin mot

MEDIAPART donne la parole à Jean-Noël Darde quelques jours avant la tenue du colloque sur le plagiat, organisé par l’Université Paris 8, le 20 mai prochain. Maître de conférences dans cette même université, il explique par le menu comment un comité d’éthique créé à l’origine pour lutter contre le plagiat universitaire est devenu un alibi douteux.

Naïfs, s’abstenir…

Une éthique de façade

Le plagiat s’affiche toujours masqué, drapé de dignes atours. Le geai, ou la corneille selon la fable, n’en a pas fini de plumer le paon et de se parer des meilleures intentions.

Le colloque du 20 mai intitulé « Approche éthique du plagiat » se tiendra à l’Université Paris 8 sous l’égide du comité d’éthique de cette même université. Alain Quemin, professeur de sociologie de l’Art et membre honoraire de l’Institut universitaire de France avait eu l’initiative de ce comité d’éthique dans l’espoir que soient enfin traités les dossiers de plagiats en souffrance. Mais il vient de se résigner à en démissionner lorsqu’il a constaté que le colloque du 20 mai « visait seulement à enterrer définitivement des cas restés impunis en brassant beaucoup d’air sur des notions abstraites mais en évitant soigneusement de traiter des cas concrets, contrairement aux engagements pris à sa création ».

Le détail de cette succession de capitulations face au plagiat, ainsi dénoncée par celui qui croyait à la possibilité d’une éthique en matière de recherche au sein de son université, est rigoureusement expliqué sur le blog Archéologie du copier-coller : « Aussi difficile que ce soit à croire, il y a parmi ces collègues associés à la préparation du colloque Approche éthique du plagiat un directeur d’école doctorale plagiaire (accessoirement membre du CNU de la 71e section) et des collègues qui au titre même de leurs fonctions de directeurs d’écoles doctorales ont dans le cadre d’une Commission déontologie « expertisé » et validé une thèse à près de 100% plagiaire ».

Plusieurs universitaires ont décliné l’invitation à ce colloque dont la visée est plus que douteuse.